Portée par les vagues
Je divague
J’escalade les crêtes bleues
Noyée sous la pression
La bouche ouverte
Sur un sourire immense
Je monte je descends
Je flotte
Radeau de ma méduse
Piquée au vif
Nageuse indienne
Sur les montagnes
Russes
Plongées des abîmes
Et ivresse des cimes
Sais-tu que ces montagnes
Que ces dérives
Foncent sur des êtres éperdus
De sentiments océaniques
Le clapotis de l’amour pur
Pour cette chienne de vie
Qui te mord aux trousses
La bourse ou la vie
L’envie de vivre
Au coin des yeux
Des larmes de sel
Des sirènes de pompiers
Mademoiselle
Pouvez-vous donner votre nom
Mon nom est la noyée
La perdue
La rescapée de Sisyphe
Et je ne dis pas mon nom
Je trace un sourire
Derrière mes mots cachés
Les secrets de mes traversées
Les éclats de soleil
Dans l’arc-en-ciel magique
Les couleurs de toutes les douleurs
Les drapeaux de tous les empires
Et les couleuvres
Que tu avales
Au gré du temps
Le chant qui cogne à tes tempes
Les couleurs qui fuient de tes doigts
Le désert qui avance
Dans les couloirs feutrés
D’un hôpital endormi
Tu marches les poings serrés
D’une funambule somnambule
Dans les couloirs d’une enfance inaccessible
Et blessée
Mais tes yeux regardent
Un lumineux invisible
Et tu traverses -targuia-
Le désert infiniment déployé
Tu es la noyée rescapée
L’enfant démasquée
L’oiseau rare
Et la poupée cabossée
D’une éternelle Russie
Ses montagnes inachevées
À la roue du temps
Dont tu descends
Âme extraterrestre
Blottie sous la lune fêlée
Tu écoutes et tu récites
Le cœur des réacteurs
La fumée de tes détracteurs
Poupée jolie
Enfant sage
Au sourire de cristal





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