
Bipolaire, de quoi t’as l’air ?
L’air de pas maîtriser tes nerfs
Toi tu t’égares pas sur les sentiers battus
Tu montes, tu descends, très vite, très loin
Pour un mot en moins
Un mot en trop
Tu te barres
Tu te tais
Tu te tues à dire
Des idées foutues
Des idées qui tournent
En circuit fermé
Comme un lion en cage
Et tu finis par te donner en spectacle
Comme un clown qui en a trop fait
Qui n’a plus autour de lui
Que des visages défaits
Bipolaire, de quoi t’as l’air ?
L’air de rien
L’air de tout un chacun
L’air de faire peur aux voisins
D’appeler les pompiers
Ça craint
L’air de souffrir pour un rien
L’air de pas être bien
Tu ris tu pleures tu claques ton fric
T’as mille idées à la seconde
T’es pas bien
C’est tout
T’es même trop bien
Tu ris, tu pleures
Tu dors plus
T’as pas le temps
A quoi ça sert de dormir ?
T’es bipolaire on t’a dit
Mais non !
T’es pas bipolaire !
Ou alors on l’est tous
T’en as plein les journaux
Des artistes qui en pâtissent
Et qui le disent
Qui se posent en artistes maudits
En génies incompris
Oui ça leur va bien au teint
Bipolaire, ca sonne bien !
Une carte de visite
Une étiquette
Une fleur à la boutonnière
T’es pas bien dans tes pompes
Des charentaises éclatées
T’as pas envie de les chausser ces grolles
De te retrouver sous la coupe des médocs
Compris dans la panoplie du parfait petit bipolaire
Bipolaire !
Aujourd’hui on le distribue
Ce mot
ça va vous plaire
C’est fun
C’est mode
De la folie bonne à tout faire
Juste un p’tit grain
De la folie bien ordinaire
Des plaines des monts des grands chevaux
Des rires des moins des grands chagrins

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de sensibilisation à la bipolarité.
Un jour où on l’on peut dire qu’on est bipolaire en lâchant la honte.
Moi je préfère dire : j’ai des troubles bipolaires, je souffre de bipolarité plutôt que « je suis bipolaire » car je ne suis pas «que » ma maladie.
Nous ne sommes pas notre maladie. Nous sommes fragiles, forts, résilients.
Nous sommes sous l’eau ou au-delà des nuages.
Nous sommes vivants, nous sommes ombres et lumière.
Il y a le terrain et il y a l’histoire.
Un terrain miné et une histoire chaotique. Des chutes et des remontées. Des tempêtes, des déluges et des déserts infinis. Des mains tendues et des portes claquées.
En tant qu’artiste et autrice, j’ai choisi de parler de ma résilience plutôt que de mon vécu.
Mais il faut aussi poser des mots sur les maux.
Avoir ce courage-là pour soi et pour les autres. 💙
Un chemin d’acceptation pour « vivre avec », avec nos symptômes, nos signaux, nos failles et nos forces, et vivre avec les autres, pour une meilleure compréhension mutuelle.
Natacha
30/3/2026 Journée mondiale de sensibilisation à la bipolarité


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